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Ottawa, le 20 mai, 2026 – L’Association des juristes de Justice (AJJ) est très préoccupée d’apprendre qu’une autre personne ayant travaillé au sein du Complexe Guy‑Favreau à Montréal souffre d’une maladie liée à l’amiante. Toutes nos pensées vont aux deux personnes malades ainsi qu’à leurs proches.

Services publics et Approvisionnement Canada a adressé un courriel à son personnel pour l’informer qu’une ancienne personne employée d’un ministère fédéral ayant des locaux dans le Complexe, et qui a pris sa retraite en 2003, s’est vu diagnostiquer une maladie liée à l’amiante. Bien que l’employeur affirme qu’aucun lien n’a été établi entre cette maladie et le lieu de travail, cette annonce soulève de sérieuses préoccupations pour les personnes qui sont actuellement obligées de travailler sur ce site.

Après l’annonce d’un premier cas le 24 mars 2026, l’AJJ a exigé que l’employeur fournisse des réponses et prenne des mesures concrètes concernant la gestion de l’amiante et la sécurité au travail au sein du Complexe. Rien de tout cela n’a été fait à ce jour.

Depuis, l’employeur a rejeté la demande de l’AJJ et refusé de prendre une mesure d’adaptation temporaire autorisant le personnel concerné à travailler à distance en attendant la résolution du problème. La position de l’AJJ reste claire : les fonctionnaires travaillant dans le Complexe doivent immédiatement bénéficier d’une mesure d’adaptation les autorisant à travailler à distance jusqu’à ce que le gouvernement fasse réaliser des analyses plus sensibles au moyen de la microscopie électronique à transmission. L’ensemble du personnel mérite de recevoir les meilleures garanties possibles quant à l’absence de fibres d’amiante.

La méthode d’analyse actuelle utilise principalement la microscopie à contraste de phase, qui ne permet pas de distinguer les fibres d’amiante des autres particules en suspension dans l’air et qui peut passer à côté des fibres très fines.

Dans un courrier précédent, M. Bill Kroll a indiqué ce qui suit : [Traduction] « Services publics et Approvisionnement Canada est disposé à modifier les méthodes d’analyse employées si l’évolution de la situation, de nouvelles informations ou des conditions particulières le justifient, toujours en se fondant sur le jugement d’experts qualifiés ».

L’AJJ estime que ces conditions sont désormais clairement réunies. Dans une lettre concernant la situation au Complexe Guy‑Favreau ainsi que l’analyse des fibres d’amiante en suspension dans l’air et la gestion de l’amiante, Kevin Hedges, Ph. D., hygiéniste du travail certifié et hygiéniste industriel agréé, ancien président et membre actuel du conseil d’administration de Workplace Health Without Borders, a affirmé :

[Traduction] « Il conviendrait d’utiliser la microscopie à contraste de phase en parallèle avec la technique plus avancée et beaucoup plus sensible qu’est la microscopie électronique à transmission. Si la microscopie à contraste de phase est utilisée comme méthode de détection préalable avant la microscopie électronique à transmission, alors on pourrait passer à côté des fibres très fines. »

L’AJJ fait actuellement réaliser, à ses frais, un examen indépendant des documents et des matériaux d’analyse liés à l’amiante fournis par l’employeur. Elle a également soulevé ces préoccupations de manière formelle dans un courrier adressé à des hauts responsables du ministère de la Justice, du Service des poursuites pénales et de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié.

Face aux informations contradictoires qui continuent de nous parvenir, nous estimons que les garanties données aux travailleuses et travailleurs quant à la sécurité au travail sont tout simplement insuffisantes.

Parallèlement, le personnel continue de faire état d’autres préoccupations liées à la santé et à la sécurité au travail. La gestion de l’immeuble CGF a récemment confirmé l’existence d’une infestation de punaises de lit au cinquième étage de la tour Ouest du Complexe. Des postes de travail ont été fermés et des mesures de lutte antiparasitaire ont été mises en place. La situation reste sous surveillance.

Ces incidents accentuent une préoccupation plus générale : on exige des fonctionnaires qu’ils retournent sur leur lieu de travail alors que de graves problèmes en matière de santé et de sécurité restent irrésolus.

Toutes les travailleuses et tous les travailleurs ont droit à un lieu de travail sain et sécuritaire. Et cela vaut également pour les fonctionnaires. La responsabilité de veiller à la sécurité du lieu de travail incombe à l’employeur, et cette responsabilité exige des mesures concrètes et de la transparence.

Par conséquent, l’AJJ demande au gouvernement fédéral de faire immédiatement ce qui suit : 

  • prendre une mesure d’adaptation temporaire autorisant le personnel concerné à travailler à distance;

  • faire effectuer une analyse par microscopie électronique à transmission dans le Complexe Guy‑Favreau;

  • communiquer de manière transparente les méthodes d’analyse et leurs résultats aux agents négociateurs ainsi qu’aux travailleuses et travailleurs;

  • divulguer de manière proactive les risques d’exposition pour les travailleuses et travailleurs, et les risques pour la santé au travail.

Les agents négociateurs ne devraient pas recevoir des informations essentielles en matière de santé et de sécurité au travail au moyen de divulgations fragmentaires, de rumeurs ou de messages transmis par des employé·es en panique.

Lorsqu’il s’agit de la santé et de la sécurité des travailleuses et des travailleurs, nous ne pouvons pas nous contenter du strict minimum.

 

À PROPOS DE L’AJJ

L’Association des juristes de Justice (AJJ) est le syndicat qui défend l’équipe juridique du Canada. Nos plus de 3 500 membres sont des avocat·es de l’État, des notaires et des étudiant·es stagiaires employé·es par le gouvernement du Canada au ministère de la Justice, au Service des poursuites pénales du Canada, ainsi qu’au sein de divers organismes, tribunaux et cours fédéraux à travers le pays.

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